Afrique du Sud : Les partis politiques à couteaux tirés sur la hausse de la TVA - Continentalnews

Le ministre des Finances, Enoch Godongwana, a fait un compromis sur ses plans initiaux d'augmentation de deux points de pourcentage de la TVA après avoir suscité, le 19 février dernier, un tollé de la part de certains membres du gouvernement d'unité nationale qui estiment que cette hausse est démesurée.

La première partie de l'augmentation proposée de la TVA entrerait en vigueur le 1er mai, tandis que la hausse d'un demi-point de pourcentage de l'année prochaine est prévue pour le 1er avril. Ces augmentations devraient générer 13,5 milliards de rands de recettes fiscales en 2025-26 et 30 milliards de rands en 2026-27.

Mais, les partis de l'opposition, l’Alliance démocratique (DA au pouvoir), les syndicats, ainsi que la fédération syndicale Cosatu, ont été catégoriques : ils n'accepteraient aucune augmentation de la TVA qui aggraverait le pouvoir d’achat des citoyens.

Ils ont clairement fait savoir au Congrès National Africain (ANC), parti au pouvoir depuis 1994, que l’Afrique du Sud a besoin de mesures de croissance fortes qui conduisent à plus d’emplois, à un niveau de vie plus élevé et à des réductions d’impôts.

Le leader du DA, John Steenhuisen, a déclaré à cet égard que le projet de budget aurait du mal à être adopté, car l'ANC n'a pas de majorité au Parlement. « L'ANC a créé ce désordre et il doit le réparer », a-t-il déploré.

Le coordinateur parlementaire de la principale fédération syndicale du pays « Cosatu », Matthew Parks, a déclaré que son organisation rejetterait le budget, arguant que l’échec de l’ajustement des tranches d’impôt sur le revenu des particuliers pour 2025 serait un coup dur pour des millions de familles de la classe ouvrière très endettées et pour une économie déjà malmenée.

« La TVA pénalise les plus démunis, qui n'ont déjà pas les moyens d'acheter des denrées alimentaires essentielles, ou encore payer les frais d'électricité ou de transport », a-t-il dit.

De son côté, le député d'ActionSA, Alan Beesley, a critiqué l’approche du gouvernement d’unité nationale, notant que «la vérité est que les citoyens ordinaires sont obligés de payer pour les échecs de l’exécutif, tandis que ceux qui sont responsables du pillage de l’État ne subissent aucune conséquence».

Idem pour le parti EFF, qui estime que la stratégie budgétaire du ministre des Finances était «imprudente et méconnaissait de manière flagrante les réalités auxquelles sont confrontés les pauvres et la classe ouvrière».

« Les députés, quelle que soit leur affiliation politique, doivent aller au-delà du rejet du budget déposé et donner au Comité permanent des finances le pouvoir de réviser le cadre budgétaire proposé et les mesures de recettes », a-t-il suggéré.

Jurgen Eckmann, expert économique, affirme, pour sa part, que même si le plus grand débat autour du budget porte sans doute sur l'augmentation de la TVA, la réalité est que l'annonce du ministre des Finances concernant les tranches d'impôt sur le revenu des particuliers qui ne sont pas ajustées à l'inflation a également de graves conséquences sur le pouvoir d’achat des citoyens.