Abdoulaye Diop a précisé que cette croissance est liée aux conditions climatiques favorables et à la mise en œuvre d’infrastructures structurantes. « Le taux d’inflation annuel moyen s’est établi à 3,8 %, tandis que le déficit budgétaire a été réduit à 5,3 % du PIB (contre 5,9 % en 2023), grâce à une hausse des recettes publiques », a-t-il noté. Avant de préciser que le taux d’endettement a légèrement progressé, passant de 59,7 % à 60,3 % du PIB.
Par ailleurs, il a souligné que la balance des paiements s’est améliorée, avec un déficit du compte courant à 6,3 % du PIB (contre 9,6 % en 2023), et les réserves couvrent désormais 3,6 mois d’importations. Malgré ces avancées, M. Diop a reconnu des contraintes majeures à savoir la persistance de l’insécurité due aux attaques terroristes dans certains États membres, les répercussions des crises russo-ukrainienne et moyen-orientale, ainsi que le ralentissement du reversement du Prélèvement communautaire de solidarité (PCS), principale source de financement des organes de l’Union.
Ce dernier point a entraîné des problèmes de trésorerie, soulignés lors de la session. Cette session, présidée par Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA, se tient devant les membres du Comité interparlementaire (CIP-UEMOA), en présence du président par intérim du CIP, Fononna Cheick Ahmed Coulibaly.
Conformément aux articles 26 et 36 du Traité de l’UEMOA, cette présentation annuelle offre un bilan des activités de l’Union et ouvre un espace d’échanges avec les 40 députés, représentant les 8 États membres (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo). Le CIP, organe de contrôle démocratique de l’Union, joue un rôle clé dans l’orientation des politiques communautaires.
Sur le plan de l’intégration, 2024 a vu des progrès notables. La surveillance multilatérale des indicateurs macroéconomiques s’est poursuivie malgré la suspension temporaire du Pacte de convergence. Des actions ont été menées pour renforcer l’Union douanière, avec un avant-projet de règlement sur les procédures simplifiées de dédouanement.
La Commission a également avancé sur l’opérationnalisation du Visa unique, avec quatre projets de textes en cours de finalisation et a renforcé la facilitation des échanges commerciaux, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Dans le domaine des infrastructures, le Programme d’actions communautaires a permis le contrôle régional de la charge à l’essieu, des études sur les corridors routiers et la relance de la boucle ferroviaire Abidjan-Ouagadougou-Niamey-Cotonou-Lomé, avec une nouvelle liaison Lomé-Ouagadougou en discussion.
Le président par intérim du CIP, Fononna Cheick Ahmed Coulibaly a, pour sa part, salué les initiatives de la Commission, notamment l’adoption de la Vision UEMOA 2040 et du Plan stratégique 2025-2030 sous la direction d’Abdoulaye Diop. Il a également évoqué le dispositif de suivi des recommandations parlementaires, mis en place en collaboration avec la Commission, comme un acquis majeur pour répondre aux préoccupations des populations.
Cependant, le CIP a exprimé des inquiétudes face aux problèmes de trésorerie liés au PCS. Une résolution sera adoptée lors de cette session pour exhorter les autorités nationales à assurer son reversement.
Par ailleurs, l’insécurité persistante dans certains États a été identifiée comme une menace majeure. M. Coulibaly a plaidé pour « une réponse globale, impliquant une coordination communautaire, régionale et internationale. »
Les échanges qui suivront la présentation devraient aborder ces défis et les orientations pour 2025, notamment le respect des procédures d’exécution des dépenses publiques et le renforcement de la régulation du marché. Cette session s’annonce comme un tournant décisif pour consolider l’intégration économique de l’UEMOA face aux incertitudes globales.